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Marie Legros
Je trouve pas le nom des mots

Du 21 juin au 26 juillet 2009

 

Marie Legros aborde les gestes du quotidien à travers les représentations du corps, plus spécifiquement du corps féminin. Elle adopte un point de vue proche des positions féministes initiées dans les années 1970 considérant l’intime comme territoire politique. Marie Legros explore dans son œuvre la porosité des frontières entre sphère privée et domaine public.


Pour cette exposition, Marie Legros présente projections vidéo, sculpture et œuvres graphiques. Le titre Je trouve pas le nom des mots puise dans les difficultés à dire par le verbe des intuitions face auxquelles l’artiste privilégie les sensations, posant le geste ou la posture du corps comme mode de relation entre les individus.


Les deux vidéos présentées s’inscrivent en continuité de sa production préexistante. Filmées en plan séquence, elles rendent compte d’actions simples effectuées par l’artiste dans une dimension essentiellement performative. S’il implique son propre corps, le travail de Marie Legros ne possède cependant pas de caractère autobiographique. Son corps intervient en tant qu’objet immédiatement accessible comme extrait citationnel d’un quotidien. Marie Legros aime à rappeler qu’elle « découpe des éléments de cette réalité tangible et les place encore vivants dans le contexte de l’art ». Ainsi, la vidéo Solarisation répond à cette volonté de retour à des moyens évidents et directs. Dans une confrontation méthodique avec un objet qui pose les conditions de la mesure de son anatomie, elle établit des liens avec une histoire critique du nu en art, réinterrogeant le lien entre l’artiste, son médium et son sujet.


Autre élément fondamental de cette vidéo, souvent présent dans son travail : le basculement de l’image filmée vient perturber notre mode de perception des espaces et relativiser nos systèmes habituels de représentation. Le corps y semble éprouver autrement le contrôle de la gravité, cette contrainte physique qui peut être assimilée aux contraintes sociales et politiques véhiculées par un discours dominant, le plus souvent masculin. La seconde vidéo, C’est tout dans la tête, participe aussi de ce dispositif de renversement. Elle donne à voir le parcours quasi initiatique d’un très jeune enfant explorant l’espace d’un appartement, pieds au plafond. Par un resserrement de l’image sur cette partie du corps, cette œuvre fonctionne sur un mode métonymique : le fragment incarne la personne. Basculement et cadrage soulignent l’attention portée par Marie Legros à la particularité de tout individu irréductible aux normes du corps social.


Si ce dispositif ouvre une possibilité de liberté, il n’exclut pas la part d’hésitation et de déséquilibre qui l’accompagne. La notion de fragilité est présente dans une série de dessins que Marie Legros réunit sur les murs d’une cabane sommaire, un ensemble d’esquisses, d’idées comme épinglées. Cette fragilité n’est pas synonyme de faiblesse, mais bien le signe d’une sensibilité ouverte aux possibles. L’implication du corps, la pratique du dessin, et la perception intime du temps qui passe, mise en jeu dans la sculpture Clepsydre, témoignent en effet chez cette artiste d’un réel choix de simplicité de moyens, allant à l’encontre des mécanismes médiatiques et sociaux s’appuyant sur une économie spectaculaire. Marie Legros met ainsi en place une forme de résistance accessible à chacun.

Télécharger : Marie Legros_Dossier de presse

Télécharger : Marie Legros_Glossaire

Télécharger : Presse-2009-07-01_LA MARNE_Une exposition sur la difficulté de dire.pdf